Ca fait longtemps que l’on n’a pas donné de nouvelles mais à vrai dire il ne se passe pas grand-chose à Miami en ce moment. Il fait une chaleur à crever et chaque jour nous avons droit à un orage toujours plus impressionnant que le précédent, climat tropical oblige. Je n’ai pas été éblouie par les célébrations du 4 juillet (Independance Day), à peu près du même niveau que notre 14 juillet : ça se résume à un jour férié et des feux d’artifice.
Par contre, j'ai été impressionnée (ou plutôt terrifiée) par le nouveau film de Michael Moore (le gros américain qui a fait Fahrenheit 9/11), SICKO, sur le système de santé américain.
A ma grande surprise, le film ne traite pas des presque 50 millions d’américains (soit 1/6 de la population) qui n’ont pas d’assurance santé, mais des « privilégiés » qui en ont une (qui leur coûte une fortune) et qui se voient refuser la prise en charge quand ils en ont le plus besoin ! Motifs invoqués par les compagnies d'assurance : chimiothérapie non justifiée ; traitement (préconisé par les médecins) jugé encore expérimental… tout ça pour limiter les dépenses et faire toujours plus de profit !!!
De nombreux témoignages, dont celui d’un type qui s’est coupé deux doigts doit décider de celui qu’il va faire recoudre parce qu’il n’a pas les moyens de rattacher les deux; d’une femme qui raconte la mort de son mari parce que sa compagnie d’assurance a refusé de financer l’opération qui pouvait le sauver…
Car la médecine aux US est beaucoup beaucoup plus chère qu’en France: si vous allez à la pharmacie pour de simples médicaments, vous en aurez au minimum pour $150 (120 €) et une opération de l’appendicite vous est facturée… $25,000, pour 2 jours d’hospitalisation (après on vous vire de l’hôpital - mon cousin Paul peut témoigner, c’est à lui que c’est arrivé) !!!!
Moore explique qu’une seule personne, Hilary Clinton, a essayé de s’attaquer au problème en 93, mais qu’elle a finalement été achetée par ces mêmes sociétés d’assurance, qui ont des représentants au Congrès !!!
Il va ensuite voir ce qui se fait au Canada, en Angleterre, en France puis à Cuba. Les systèmes de santé de ces pays sont sans doute tous présentés de façon idyllique. En tous cas pour la France, où des américains vivant à Paris racontent que si vous appelez un médecin il vient chez vous dans l’heure qui suit sans avoir rien à payer. Le problème majeur du déficit du système français n’est pas abordé. Mais Moore parle du principe de solidarité qui règne ailleurs et se demande comment ils en sont arrivés à laisser crever les gens aux US.
Il emmène finalement ses « témoignants » se faire soigner à Cuba (alors qu’il est interdit pour un américain d’y mettre les pieds –embargo oblige. Castro est le Diable), l’un des systèmes de santé les plus performants au monde. Et là, l’ennemi de toujours prend en charge avec gentillesse et efficacité les malades américains, stupéfaits de voir que l’on s’occupe d’eux sans leur demander leur carte de crédit, que le système de santé est beaucoup plus moderne que chez eux et que les médicaments qu’ils achetaient $120 aux US leur sont facturés 5 centimes !!!
Bon, le film ne sort qu’en octobre en France mais allez-y pour vous rendre compte de la chance que nous avons !!!